Depuis un muret,
sous le pont du Vallon des Auffes...
Eau calme et lumière rasante, qui adoucit les contours des barques et des roches.
Depuis une fenêtre, un homme en interpelle un autre dans la rue. Eclats de voix, accent chantant, éclats de rire du passant. Sous le pont, une femme et sa fille, assises sur des chaises pliantes, dans le soleil du soir. La petite appelle Gino, un roquet frétillant qui accompagne le promeneur et escalade soudain les pierres en se dandinant pour la rejoindre. Un peu plus loin, son tout jeune frère, boucles chatains et peau mate, est assis à l'indienne, sur une planche décorée de grosses fleurs vertes. Il se laisse glisser dans l'eau sale du port, entre les bateaux et les pointus. Le moment est tellement calme et doux, on ne voit même plus les bouteilles en plastique qui flottent autour de lui...
Les voix et les rires, les silhouettes en ombre chinoise au loin sur les rochers qui forment la jetée, cet enfant à la surface de l'eau et le soleil couchant qui enveloppe la scène de ce petit film marseillais, me restent en mémoire, longtemps après que la lumière ne se soit estompée.