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Nous sommes tous faits pour quelque chose

« Je suis persuadé que nous sommes tous faits pour quelque chose, que chacun porte en lui une capacité particulière, un talent unique, qui doit tracer son chemin vers sa place en ce monde, vers un sens à sa vie.

    Je pense aussi qu’il est aisé – par inattention, paresse, peur, pessimisme ou désespoir- de s’égarer et de passer à côté de cette «vocation ». À côté de sa vie.

    Cela peut-être n’importe quoi : cuisiner, jardiner, réparer des motos, faire des maquettes, du pain, pêcher à la ligne, jouer au foot, soigner des animaux, piloter des avions, dessiner, chanter, tenir un bar-tabac, faire des films, élever des enfants … Mais quelque chose qui fait que chaque matin, on a le courage de sortir de son lit. De vivre. »   

Mikaël Ollivier. Celui qui n’aimait pas lire


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N
C'est cette histoire de "talent unique" qui m'ennuie (dans tous les sens du terme), cette sorte de pré-disposition, pré-destination, pré-tout ce qu'on veut. Soyons honnêtes, cette idée est à mon avis assez étriquée.<br /> La citation de Charlotte Delbo me semble en réalité assez opposée à celle de Mikael Ollivier : il y est question d'apprendre (ce qui suppose un effort), pas de trouver ce qui est déjà donné (ce qui suppose un confort).
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S
<br /> <br /> Dans la citation de Mickaël Ollivier, je comprends ce "talent unique", pas dans le sens d'un talent pour une chose unique, mais par le fait que nous sommes tous uniques et porteurs de talent(s).<br /> L'important est de chercher lequel nous avons envie de développer (ce qui demande parfois du temps, mais aussi un effort), quel que soit l'objet de notre intérêt. Cette phrase était destinée à<br /> des ados, dans les propos de l'auteur, (tirés d'un texte publié en jeunesse) et dans mon intention aussi, le jour où je suis retombée dessus. Mais elle m'a portée ce jour-là. J'ai eu envie d'en<br /> garder une trace et de la partager, parce qu'elle me rappelle que l'essentiel est non pas ce que l'on fait, mais de faire quelque chose, de ne pas rester passif, et d'essayer de conserver son<br /> enthousiasme pour ce que l'on fait. Mais c'est intéressant de voir qu'une même phrase peut éveiller des échos très différents chez ses lecteurs !<br /> <br /> <br /> <br />
A
Irait dans le même sens, cette supplication de Charlotte Delbo, rescapée d’Auschwitz : “Faites quelque chose. Apprenez un pas de danse, quelque chose qui vous justifie, qui vous donne le droit d’être habillé de votre peau, de votre poil ; apprenez à marcher et à rire, parce que ce serait trop bête à la fin que tant soient morts et que vous viviez sans rien faire de votre vie.”
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